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Le 4 février 2016, la communauté internationale a convenu d'une « nouvelle approche globale » pour faire face à la crise syrienne prolongée lors de la conférence « Soutenir la Syrie et la région » à Londres. Les donateurs et les pays voisins, qui accueillent la grande majorité de ceux qui ont nourri la Syrie, se sont engagés à prendre des engagements financiers importants et des changements de politique pour améliorer la vie des réfugiés et des communautés d'accueil. À l'approche du premier anniversaire de la conférence, 3 plates-formes d'ONG et 28 organisations ont examiné si les donateurs et les gouvernements hôtes ont rempli leurs engagements et si leurs actions ont conduit à une amélioration de la situation des réfugiés et des communautés d'accueil dans la région.

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Introduction

Des mesures importantes ont été prises pour améliorer l'offre d'éducation et les moyens de subsistance en Jordanie, au Liban et en Turquie. Les donateurs ont obtenu de bons résultats en termes d'aide versée et engagée pour l'exercice en cours, et certains gouvernements hôtes ont apporté des changements de politique importants. Cependant, il reste encore beaucoup à faire. Sans assistance technique et sans efforts supplémentaires pour mettre en œuvre le cadre politique de grande envergure convenu à Londres, il existe un risque que le financement déboursé n'ait pas un impact mesurable et durable sur la vie des gens. Il est important de noter que l'absence persistante de statut juridique et de papiers signifie que de nombreux réfugiés ne peuvent pas accéder au travail et à l'éducation. De plus, le conflit en Syrie se poursuit sans relâche et sans augmentation tangible du soutien international aux voisins de la Syrie, notamment en partageant la responsabilité de l'accueil des réfugiés de manière plus équitable.

Près de 5 millions de réfugiés syriens, dont une génération entière d'enfants, sont actuellement confrontés à un avenir incertain. Si la communauté internationale ne reste pas engagée et ne partage pas la responsabilité des réfugiés, les conséquences pourraient être désastreuses pour les familles de réfugiés et les pays de la région.

La mise en œuvre complète de la «nouvelle approche» de la Conférence de Londres nécessitera une volonté politique soutenue, ainsi qu'un financement et une capacité technique suffisants. Les pays voisins et les donateurs doivent de toute urgence réaffirmer, consolider et s'appuyer sur les engagements pris lors de la Conférence, et placer les droits des réfugiés et des communautés qui les accueillent au premier plan de l'agenda international.

Principales recommandations

Bien que la situation politique et socio-économique dans les pays voisins soit variée, les réfugiés sont confrontés à des défis similaires dans la poursuite d'une vie digne. La communauté internationale et les pays voisins doivent soutenir les opportunités éducatives et économiques pour les réfugiés et protéger leurs droits à cet égard. Un troisième domaine, celui de la protection des réfugiés et du droit au séjour légal, sous-tend ces deux aspects. Aborder ces trois domaines conjointement est essentiel pour donner suite à la nouvelle approche esquissée lors de la Conférence de Londres.

En outre, nous exhortons la communauté internationale à veiller à ce que les engagements généreux pris lors de la Conférence de Londres marquent une nouvelle ère de collaboration, de solidarité et de partage des responsabilités pour répondre aux besoins des réfugiés syriens, des déplacés internes et des communautés d'accueil.

Un an après la Conférence « La Syrie et la Région », nous recommandons donc :

1. Les gouvernements prennent des mesures pour garantir que les réfugiés syriens ont le droit de séjourner légalement, d'être éduqués et d'avoir un accès inclusif à un travail décent et à des opportunités économiques

I. Les pays hôtes, avec le soutien des donateurs, devraient introduire des changements de politique intérieure de grande envergure nécessaires qui garantissent le droit au séjour légal, à l'éducation et aux moyens de subsistance aux réfugiés, afin d'assurer la réalisation des engagements pris à Londres.

II. Tous les pays doivent renforcer l'accès des réfugiés à la protection en mettant en place des procédures claires, accessibles et abordables pour obtenir et conserver des documents, une résidence et un enregistrement valides. La protection juridique est une condition préalable à l'amélioration de l'accès aux moyens de subsistance, à l'éducation et à d'autres services de base. Ces protections juridiques devraient également être étendues aux réfugiés palestiniens de Syrie.

III. Tous les pays doivent éliminer les obstacles empêchant les réfugiés adultes d'accéder à des opportunités de travail décent en luttant contre l'exploitation sur le lieu de travail, en supprimant les restrictions au séjour légal et à la liberté de mouvement, en intensifiant les efforts pour soutenir le développement des micro, petites et moyennes entreprises syriennes et en développant les initiatives visant à créer des emplois pour les réfugiés et les communautés d'accueil.

IV. Les donateurs et les pays d'accueil doivent éviter de créer une génération perdue en veillant à ce que chaque fille et chaque garçon bénéficient d'une éducation de qualité en continuant à ouvrir de nouvelles places dans les écoles publiques, en mettant davantage l'accent sur la rétention et les résultats d'apprentissage, en s'attaquant aux pires formes de travail des enfants et en offrant des opportunités suffisantes pour une éducation non formelle certifiée avec le soutien de la société civile.

2. Les gouvernements partagent la responsabilité

I. Les donateurs doivent donner suite au financement de l'aide pluriannuelle au même niveau qu'en 2016 et comme prévu dans les engagements pris à Londres.

II. Les donateurs doivent continuer à étendre et à étendre leur soutien bilatéral et multilatéral aux pays voisins de la Syrie pour encourager les changements de politique nécessaires sont introduits.

III. Les pays riches doivent augmenter la réinstallation à au moins 10 pour cent de la population réfugiée de Syrie d'ici la fin 2017, en plus d'étendre les itinéraires sûrs et réguliers via d'autres formes d'admission, y compris le regroupement familial, les bourses et les programmes basés sur le travail.

3. Les gouvernements respectent les droits des demandeurs d'asile

I. Tous les pays doivent autoriser l'entrée des demandeurs d'asile victimes de violence et cherchant une protection internationale, et veiller à ce que des évaluations individuelles complètes soient effectuées pour tous les cas, au minimum lorsqu'il existe un risque d'expulsion. Cela inclut les pays voisins de la Syrie, en Europe et au-delà.

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